Imaginer l’égalité et les limites du discours
La communication est liée aux niveaux linguistiques dans leurs composantes phonétiques, lexicales, syntaxiques, sémantiques et pragmatiques, ainsi qu’aux données sociales, psychologiques et culturelles qui y sont associées. Elle est ainsi indissociable de l’interaction qui se réalise entre deux ou plusieurs parties et qui se déploie dans différentes directions déterminées par la nature du contexte et le type de relations. Elle peut également s’effectuer par l’intermédiaire d’un médiateur social, éducatif, juridique, politique ou culturel accepté par l’ensemble des parties en raison de sa crédibilité et de l’objectivité de ses positions.
Sur cette base, la communication s’inscrit dans un cadre cognitif, méthodologique, culturel et juridique qui en fait un principe fondateur des utopies humaines et sociales, dans la mesure où elle constitue un horizon critique permettant de déconstruire la réalité à partir de sa langue, de ses représentations et de ses institutions. Cela transforme l’utopie, d’un simple horizon rêvé et d’un monde irréel, en un mécanisme reflétant les compétences de la société et sa capacité à imaginer ses propres modèles représentatifs, ainsi que son aspiration à réaliser une égalité possible et à la formuler dans des systèmes, des conceptions, des programmes, des projets et des narrations communicationnelles visant à améliorer la réalité sociale, à réduire les discriminations entre ses composantes et à instaurer l’égalité entre les initiatives humaines, indépendamment de leurs référentiels, afin de créer une justice recherchée en dehors de la domination de tel ou tel discours.
Cet horizon souhaité n’est pas une utopie rêvée ni une imagination arbitraire ; il s’agit plutôt d’une pratique rationnelle et démocratique par laquelle l’être humain réalise son existence en brisant les distinctions artificielles et en mettant sur un pied d’égalité les droits des discours et des choix intellectuels et existentiels. Cela en fait un espace ouvert aux pratiques justes, différentes de certaines pratiques quotidiennes ou institutionnelles qui tracent des frontières entre les discours et les classent selon des critères dépourvus de fondements d’égalité.
Ainsi, un discours est valorisé au détriment des autres, ce qui enferme l’utopie dans le cercle des rêves impossibles et la réduit à de simples slogans creux, ouvrant la voie à un discours unique dominant. Dans ce contexte, la communication est étouffée alors qu’elle constitue le mécanisme de dialogue idéal permettant à chaque discours de plaider pour lui-même et d’argumenter en faveur de la pertinence de ses positions dans un cadre de confrontation entre projets, programmes et visions parmi lesquels la société peut choisir ce qu’elle estime le plus approprié.
Les transformations qu’a connues l’humanité au cours des dernières décennies ont produit une réalité complexe dont l’une des manifestations les plus visibles est la transformation numérique devenue un marché ouvert pour tous les discours. Malgré l’optimisme qui a accompagné ce développement, annonçant une égalité entre les citoyens dans la production du discours et de l’information, les évolutions ultérieures ont conduit à l’émergence de discours marqués par la désinformation, l’absence de fondements cognitifs et culturels solides, l’inégalité d’accès à l’information et l’érosion de la confiance entre l’individu et l’institution. Cela a créé une tension centrale entre la promesse d’égalité portée par la communication en tant qu’utopie sociale et les limites qui font parfois du discours lui-même un instrument de reproduction de l’inégalité.
Dans ce contexte théorique, la revue Soroud cherche à aborder ce thème sous un angle scientifique en s’appuyant sur la linguistique et l’analyse du discours, la sociologie, l’anthropologie, la philosophie, les sciences de l’information et de la communication, les études culturelles, la littérature et les arts, le droit, les politiques publiques, l’éducation, les droits et la création artistique et littéraire.
L’objectif est d’explorer la relation complexe entre communication et égalité dans les sociétés contemporaines à partir d’une perspective utopique critique qui considère la communication comme une pratique sociale et linguistique profonde contribuant à la construction du sens, à l’établissement de la reconnaissance et de la confiance, et à la redéfinition des frontières entre inclusion et exclusion.
Sur cette base, la revue Soroud, qui a choisi de consacrer son onzième numéro à ce thème, invite les chercheurs universitaires et les acteurs culturels de différentes disciplines à contribuer avec des études autour des axes suivants :
Axe conceptuel
Axe juridique et institutionnel
Axe des acteurs dans la production des discours
Axe des critères de classification
Axe des discours numériques
Dates importantes
Date limite de soumission des résumés (250 mots) : 20 Mai 2026
Date limite de soumission des articles complets : 31 Juillet 2026
Date de publication : hiver 2027
Principes généraux de publication dans la revue
Imaginar la igualdad y los límites del discurso
La comunicación se vincula con los niveles lingüísticos en sus componentes fonéticos, léxicos, sintácticos, semánticos y pragmáticos, así como con los datos sociales, psicológicos y culturales asociados a ellos. Por ello, constituye un elemento inseparable de la interacción que se produce entre dos o más partes y que se desarrolla en diversas direcciones determinadas por la naturaleza del contexto y el tipo de relaciones. Asimismo, puede realizarse mediante un mediador social, educativo, jurídico, político o cultural aceptado por todas las partes debido a su credibilidad y a la objetividad de sus posiciones.
Sobre esta base, la comunicación se enmarca en un contexto cognitivo, metodológico, cultural y jurídico que la convierte en un principio fundador de las utopías humanas y sociales, al constituir un horizonte crítico que permite deconstruir la realidad desde su propio lenguaje, sus representaciones y sus instituciones. De este modo, la utopía deja de ser únicamente un horizonte soñador o un mundo irreal para convertirse en un mecanismo que refleja las capacidades de la sociedad y su aptitud para imaginar sus propios modelos representativos, así como su aspiración a alcanzar una igualdad posible y a formularla en sistemas, concepciones, programas, proyectos y narrativas comunicativas orientadas a mejorar la realidad social, reducir la discriminación entre sus miembros y promover la igualdad entre las iniciativas humanas, independientemente de sus marcos de referencia, con el fin de construir una justicia buscada fuera de la dominación de un discurso sobre otro.
Este horizonte deseado no es una utopía ilusoria ni una imaginación arbitraria, sino una práctica racional y democrática mediante la cual el ser humano realiza su existencia rompiendo las diferencias artificiales y estableciendo la igualdad entre los derechos de los discursos y las opciones intelectuales y existenciales. De esta manera, se convierte en un espacio abierto a prácticas justas que difieren de ciertas prácticas cotidianas o institucionales que trazan límites entre los discursos y los clasifican según criterios carentes de fundamentos de igualdad. Este fenómeno se extiende hasta dibujar fronteras para cada discurso en su relación con el poder, la ley, la economía y las instituciones, así como límites culturales normativos regidos por las costumbres, las representaciones simbólicas generales y las concepciones identitarias, muchas veces alejadas de toda consideración científica objetiva o de un enfoque equitativo basado en la igualdad.
De este modo, se privilegia un discurso en detrimento de otros, lo que reduce la utopía al ámbito de los sueños imposibles y la convierte en meros eslóganes vacíos, allanando el camino para la hegemonía de un único discurso. En este contexto, se sofoca la comunicación, a pesar de que constituye el mecanismo de diálogo ideal que permite a cada discurso defenderse y argumentar la pertinencia de sus postulados en el marco de una confrontación de proyectos, programas y visiones entre los cuales la sociedad puede elegir lo que considere más adecuado.
Las transformaciones experimentadas por la humanidad en las últimas décadas han dado lugar a una realidad compleja cuyo reflejo más evidente es la transformación digital, convertida en un mercado abierto para todos los discursos. A pesar del optimismo que acompañó a este desarrollo, que proclamaba la igualdad entre los ciudadanos en la producción del discurso y de la información, las evoluciones posteriores han generado discursos marcados por la desinformación, la audacia carente de fundamentos cognitivos y culturales, la desigualdad en el acceso a la información y la ruptura de la confianza entre el individuo y la institución. Esto ha creado una tensión central entre la promesa de igualdad que porta la comunicación como utopía social y los límites que a veces convierten al propio discurso en un instrumento de reproducción de la desigualdad.
En este contexto, la revista Soroud busca abordar el tema desde una perspectiva científica apoyándose en la lingüística y el análisis del discurso, la sociología, la antropología, la filosofía, las ciencias de la información y la comunicación, los estudios culturales, la literatura y las artes, el derecho, las políticas públicas, la educación, los derechos y la creación artística y literaria. El objetivo es explorar la compleja relación entre comunicación e igualdad en las sociedades contemporáneas desde una perspectiva utópica crítica que considera la comunicación como una práctica social y lingüística profunda que contribuye a la construcción del sentido, al establecimiento del reconocimiento y la confianza y a la redefinición de las fronteras entre inclusión y exclusión. Asimismo, busca elevar la cuestión de la igualdad del nivel del eslogan al de las condiciones procedimentales que la hacen realizable en los planos comunicativo y práctico.
Sobre esta base, la revista Soroud, que ha decidido dedicar su undécimo número a este tema, invita a investigadores académicos y actores culturales de diversas disciplinas a participar con estudios en torno a los siguientes ejes:
Eje conceptual
Eje jurídico e institucional
Eje de los actores en la producción de discursos
Eje de los criterios de clasificación
Eje de los discursos digitales
Fecha límite para la presentación de resúmenes (250 palabras): 20 de Mayo de 2026
Fecha límite para la presentación de artículos completos: 31 de Julio de 2026
Fecha de publicación: invierno de 2027